Vous êtes ici:   Home Show-Biz Beauté TRAORE ABDOULAYE OU VIHERA, coiffeur-dames

TRAORE ABDOULAYE OU VIHERA, coiffeur-dames

PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 23 Janvier 2009 20:16

topvisages.net:Comme une femme

Quoi de plus normal que de voir une femme tresser une autre femme.

 Mais quand c’est un homme qui donne des coups de peigne sur la tête des femmes,

avec passion et originalité, ça devient forcément une curiosité. C’est le cas de Traoré Abdoulaye, plus connu dans le milieu de la coiffure sous le pseudonyme de Vihera.

La première femme que tu as coiffé, Comment ça s’est passé ?

- Ma première «tête» était une jeune fille. C’était en 2004. Ça s’est bien passé. Après le résultat, j’étais dépassé. Je ne réalisais pas que c’était mon œuvre ! J’étais fou de joie de voir que les gens aient apprécié mon travail. J’avais fait une «coupe dame» avec des mèches. La jeune fille m’a dit qu’elle était satisfaite, contente de mon travail. Ça m’a fait plaisir. Ça m’a aussi donné le courage de continuer. Elle m’a demandé où j’ai appris le métier ? Je lui ai dit que la coiffure est un don pour moi..

• … ?

- Après quelques mois, j’ai arrêté le métier. Ça ne me plaisait plus. Je voulais fuir le métier pour être styliste ou esthéticien. La coiffure ne m’intéressait pas trop. Ça me gênait d’être un garçon et de me voir dans la coiffure, métier exclusivement réservé aux femmes. J’ai trouvé ça un peu bizarre ! Mais il faut dire que c’est par manque de moyens financiers que je ne suis pas allé apprendre ni l’un, ni l’autre métier. Et puis, j’ai vu que je me faisais du tort pour rien. Aujourd’hui, je trouve que les hommes sont les meilleurs coiffeurs des femmes par rapport aux femmes. Ce sont elles-mêmes qui le disent. Elles disent se sentir bien à l’aise quand un homme les coiffe. Elles avancent aussi qu’avec les femmes, il y a un peu de jalousie et tout ! Il arrive des moments où elles (les coiffeuses) ne font pas bien leurs modèles. Et puis, quand il y a le reste des mèches, elles le gardent par-devers elles. Me concernant, quand il y a des restes, je préfère leur donner.

• Coiffer les dames ! C’est arrivé comment ?

La coiffure ! C’est venu comme ça ! C’est un don. Je ne suis pas allé l’apprendre dans un centre de formation.

• Quelle est ta préférence au niveau des femmes ?

- Je n’aime pas trop coiffer les petites filles. Parce que j’utilise beaucoup les mèches, les tissages. Pour les coiffures européennes. Donc, les petites filles, ce n’est pas trop mon fort, quoi ! Elles utilisent le plus souvent les nattes avec leurs propres cheveux. J’aime coiffer les dames.

• Qu’est-ce qui fait ta satisfaction quotidienne dans ce métier des femmes ?

- Chaque jour que Dieu fait, j’apporte un petit plus à ce que je fais. Il faut aussi dire que je me sens bien maintenant. Au début , c’était un peu bizarre ! Parce que ça étonnait les gens. Beaucoup s’arrêtaient parfois pour me regarder travailler.

• Quelle a été la réaction de tes parents en te voyant coiffer les femmes ?

- Mon père et ma mère ne sont plus de ce monde. Mais, ils ne l’ont pas mal pris. Ça ne les a pas gênés ! Parce que déjà enfant (8 ans), je m’amusais à coiffer les poupées. C’est à travers les poupées que j’ai aimé la coiffure. Seulement, il ne plaisait pas à mes sœurs que je coiffe leurs poupées. Parce que souvent quand je leur coupais les cheveux pour faire un modèle, ça dérangeait les cheveux (mèches) qu’elles avaient mis sur leurs poupées.

• Quel est ton secret ?

- Ce n’est pas un secret ! C’est ma manière de faire mes modèles. Parce que la plupart de mes tissages ressemblent à des perruques.

• Y a-t-il des hommes qui te reprochent de faire ce métier ?

- Non ! Non ! Les hommes m’apprécient beaucoup.

• Sais-tu que tu es efféminé ?

- Je sais que je suis efféminé. Avec les femmes, ça va ! Mais quand je suis avec les hommes, je sens qu’il y a quelque chose qui ne colle pas. Par exemple, ma façon de parler. Je parle comme une femme. Je ne parle pas «nouchi». J’ai un langage bien châtié.

• Ton côté efféminé te gêne ?

- Non ! Pas du tout !

• Comment ça se passe dans la rue ?

- Oui ! Les gens me regardent et me disent que je ressemble à une femme (rires) ! Ça ne me gêne pas. Ça me fait rire ! Parce que je n’ai pas demandé à être efféminé. Je sais dans mon for intérieur que je suis un garçon pile ! Que celle qui doute essaie ! (rires) !

• Des homos ne te font pas des avances ?

- Non ! Quoique chacun soit libre de vivre sa vie, moi, ça ne m’intéresse pas ça ! Je ne tomberai pas dans ça.

• As-tu une copine ?

Oui ! Mais , on n’est plus ensemble. Parce que je suis entouré de beaucoup de filles. Ç’a gêné au début un peu nos relations. Elle pensait que j’ avais des copines dans ce tas de filles.

• Es-tu libre aujourd’hui ?

- Non ! Je suis occupé ! Ma copine est aussi coiffeuse. Elle ne me fait pas de scènes de jalousie.