Cmédie et humour Petit papa Abasse ! |
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| Lundi, 02 Février 2009 17:53 | |||
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Il se nomme Abasse Ibn Ouattara. Mais pour son métier, on l’appelle simplement Abasse. Ce comédien à l’humour particulier fait son chemin, avec le sérieux d’un pro. A Abobo Klouétcha, où il vit depuis 3 ans avec sa femme et ses trois gosses, Abasse est pourtant un bon papa. Chaque matin, lorsqu’il est de passage dans la ruelle près du 14ème arrondissement, à Abobo, Abasse ne peut s’empêcher de s’arrêter. Il y a, dans le coin, un petit restau anonyme. C’est là que l’homme s’offre, souvent, le petit-déjeuner. Le menu est presque toujours le même : placali, avec kplo dans une sauce djoumgblé bien fumante. Ce matin de Janvier, comme d’habitude, il vient de finir (proprement) un plat de placali dans le coin. Et, après quelques plaisanteries avec les vendeuses d’à-côté, il saute dans sa voiture (une Toyota rouge Bordeaux), direction la maison. Mais le chemin qui mène chez Abasse est un parcours du combattant. A cause des nids de poule, il faut, environ, un quart d’heure pour parcourir les deux petits kilomètres de route non bitumée qui mène chez lui, à Abobo Klouétcha. En temps de pluie, c’est très galère. Les petits véhicules comme le sien s’embourbent parfois. «Mais je suis habitué», dit-il. Un coup de volant à droite, un autre à gauche, il se fraie un chemin tant bien que mal. Durant le trajet, quelques bambins jouant sur le trottoir le reconnaissent et crient «Abasse ! Abasse !» Même s’il semble impassible, ça l’amuse. «C’est toujours comme ça. Quand je sors le matin, les enfants me rackettent. Maintenant, je suis obligé de sortir tôt avant qu’ils ne se réveillent». Ça lui évite de sortir toujours ses petits jetons. Quand il arrive chez lui, silence. Pas un cri d’enfant pour accueillir papa Abasse. C’est juste que les gosses sont à l’école. A l’exception du petit dernier, Abasse Ibn Ouattara Ange David (1 an et demi). Une servante s’occupe de lui. Mais, il n’a pas fallu longtemps pour que les deux autres débarquent. Ils ont profité des quinze minutes de récréation, l’école étant à un pas de la maison. «Voici mes enfants. Ils sont trois», dit Abasse en les câlinant. «L’aîné a 10 ans», révèle-t-il. Il a 3 gosses et compte s’arrêter là. Blague ou vérité ? En voyant arriver sa compagne, Gisèle N’Guessan Koko, nous nous sommes dit que c’est elle qui a le vrai chiffre. Ça n’a pas manqué. Et la go entend bien corser l’addition. «Il me reste encore à faire une fille. Lui (Abasse : ndlr), il dit que c’est fini alors qu’on n’a que trois garçons. Il reste une fille à faire», prévient-elle. Abasse et Gisèle se sont rencontrés il y a plus d’une dizaine d’années. En ce temps-là, le comédien trimait encore sur les planches du quartier. Alors que les deux amoureux vivaient seulement la période traditionnelle d’observation, un jour, Abasse tend sa clé à Gisèle en lui disant : «Tiens, voici la clé de ma maison. C’est chez toi, tu fais ce que tu veux…» Voilà comment tout est parti. Avec cette femme, Abasse a traversé ses moments de galère. «Des moments où il fallait trouver 300 F pour faire la popote», dit-il. Devant toutes ces difficultés, en ce temps-là, Gisèle ne voulait plus que son chéri continue de faire du théâtre. «Mais il ne voulait rien comprendre. Il me disait tout le temps : c’est mon travail, c’est ce que je fais.» Gisèle l’a compris. Elle avait l’espoir qu’un jour, il s’en sortirait. «On a commencé par le pire. Mais maintenant, ça va», sourit Abasse. Une chose attire l’attention chez cet homme. Dans le salon, sur un mur, est accrochée une énorme paire des chaussures (pointure 52). Pour un petit gars «flêkê-flêkê» comme Abasse, on ne peut pas imaginer qu’il puisse porter ces paquebots !! Mais il rassure tout de suite : «Je ne les porte pas. C’est un cadeau. Mais comme ces chaussures sont trop grandes pour mes petits pieds, je les ai exposées-là.» Et elles sont là comme des trophées. «Lorsque l’un de mes enfants se plaint que quelqu’un l’a frappé, je lui donne une de ces chaussures pour qu’il aille la montrer à son agresseur et qu’il lui dise que son papa arrive…», plaisante-t-il.
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