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Et l’amour dans tout ça? Gigolo : Le “métier” est dur

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Jeudi, 19 Février 2009 12:33

 topvisages.net

«Jeune homme de 25 ans, grand de taille et un beau physique, cherche femme de 40 ans et plus,

 ayant une grande stabilité financière pour relation sexuelle intense. Discrétion assurée». Ce genre d’annonce est de plus en plus courant et traduit une nouvelle façon de penser chez nos jeunes gens. Plus question d’avoir des relations sexuelles «cadeau», dans le vide. Les temps sont durs, alors tant qu’on peut arrondir ses fins de mois en se faisant loger, nourrir, blanchir par une dame qui a les moyens financiers, cela vaut le coup. Mais à quel prix ?

11 Décembre 2008.

Nous avons rendez-vous avec Philippe, un lecteur de Top Visages. Un gigolo qui a bombardé de sms le téléphone portable de la rédaction juste pour parvenir à ses fins : Avoir, par notre biais, une femme qui pourrait s’occuper entièrement de lui.

Le jeune homme avait tellement insisté que nous avons fini par l’appeler pour savoir un peu plus de quoi il retourne et lui demander au passage de venir nous voir pour qu’on échange un peu.

«Je ne veux plus avoir une fille de mon âge dans ma vie. Je trouve que ce sont des ennuis inutiles. Elles n’ont rien et te fatiguent pour rien. Alors, j’ai décidé d’avoir une femme mature, à la recherche d’un homme qui pourra lui faire l’amour comme elle le souhaite, puisque ces femmes sont souvent délaissées par leur mari ou vivent seules. En retour, tout ce que je demande, c’est qu’elle me mette à l’aise sur tous les plans.»

Mais et l’amour dans tout ça ?

«Moi, je n’ai pas le temps pour ces futilités. L’amour, c’est quoi ? Si tu ne manges pas, si tu n’as pas de boulot, si tu ne peux pas t’habiller, subvenir à tes besoins, tu vas faire quoi avec l’amour ? Soyons réalistes. La vie est dure !»

La vie est dure. La phrase est lâchée. La plupart des gigolos l’ont d’ailleurs à la bouche. Un prétexte tout trouvé pour faire des choses pas très conventionnelles et souvent pas très convenables … Car, un jeune homme qui tombe dans les bras de sa mère biologique, ça se comprend. Mais qu’il se retrouve dans les bras d’une femme qui a l’âge de sa mère, ça fait un peu bizarre. Et dans ce genre de relations, ce qui compte, c’est le désir charnel, le besoin de satisfaire des envies sexuelles, d’un côté ; et, de l’autre, celui de satisfaire des besoins financiers et matériels. Le jeune homme ayant besoin d’argent et la dame de sexe ou juste d’une compagnie pour rendre sa vie plus agréable (?).

Ici, en général, l’amour véritable n’a que très peu de place. Depuis la crise ivoirienne de Septembre 2002, le phénomène des gigolos s’est développé de façon extraordinaire à Abidjan. A tel point qu’il existe désormais de puissants réseaux dans la capitale économique ivoirienne ainsi que dans certaines villes du pays. Une activité visiblement rentable. Ces réseaux sont composés de recruteurs et de recrutés.

 Sur le campus de Cocody, par exemple, certains étudiants sont chargés de trouver de nouveaux membres, selon les commandes passées par de grandes dames. La tactique est simple : On repère sa proie, on essaie de sympathiser et d’en faire un ami. Ensuite, sorties intempestives au cours desquelles on en met plein la vue au «gaou», avec tout le luxe qu’il faut pour faire naître en lui la tentation. D’ailleurs, au final, parfois, c’est lui-même qui finit par dire : «Tu sembles avoir fait une bonne affaire, mets-moi dans ton réseau.» Mais quand la recrue est assez forte dans la tête, le recruteur se voit obligé de faire une proposition indécente ou de lui présenter sa «gnanhi» (Tantie) qui viendra, au prochain rendez-vous, flanquée de sa copine. Cette dernière ne se gênera pas pour draguer ouvertement. Sinon, il existe d’autres approches, plus subtiles : on appâte les jeunes gens via le mail en envoyant dans les boîtes électroniques des messages relatifs à ce commerce de charme voilé.

 

«Femme riche et mûre. Voudrait rencontrer jeune homme pour relation sexuelle intense…» ou encore «Cher ami, nous venons, par la présente, t’informer de la création d’un réseau composé de femmes d’affaires qui souhaiteraient entrer en contact avec des jeunes pour une série de projets…» Et dans ce cas le plus souvent, la discrétion de celui qui reçoit le message est demandée.

 On prend le soin de lui recommander de garder le message secret, de n’en parler à personne, s’il ne veut pas perdre certains bénéfices. Mais, le métier de gigolo n’est pas pratiqué seulement par les jeunes chômeurs, désoeuvrés ou pauvres qui se tournent les pouces. Les «gigolos» se recrutent partout et dans tous les secteurs d’activités. Dans certaines entreprises, il n’est pas rare de voir de jeunes cadres être de vrais gigolos. Juste pour arrondir leurs fins de mois. Dans le milieu du show-biz aussi, c’est une pratique courante.

Un jeune animateur de la télévision ivoirienne, dandy et, bluffeur s’illustre bien en la matière et ne s’en cache pas. Tellement avide d’argent, il a d’ailleurs fini par faire un mariage avec une femme cossue. Mais comme ses moyens ne lui suffisent pas, il multiplie les conquêtes afin de continuer à se faire entretenir par d’autres conquêtes l’extérieur. Il n’y a pas longtemps d’ailleurs, une de ses «maîtresses gnanhi» a pété un câble, le menaçant de faire un grand déballage s’il lui venait à l’idée de rompre après tous les efforts consentis pour lui. Les chanteurs non plus ne sont pas en reste.

 D’ailleurs, il y a une chanson du groupe les «Mousseurs» qui vante bien la fierté que certains hommes ont à se faire entretenir de la tête aux pieds : «ça fait quoi, si elle s’occupe de moi. Si elle le fait, c’est par amour. Oh ! Toi jaloux, faut chercher pour toi…» Un véritable délire qui a ses moments de joies, certes, mais, il n’y a pas que ça. «Si une femme m’aime et qu’elle veut me mettre à l’aise financièrement, je suis partant, même si je n’ai pas de sentiment pour elle», dit un artiste chanteur, gigolo et fier de l’être. «Seulement, disons la vérité : ce n’est pas évident, cette vie. Faire l’amour sans amour, faire semblant, ça stresse. Ton cœur bat à chaque fois que tu dois la rencontrer, mais comme à la clé, il y a le blé, tu fais avec. Ce qui est sûr, avec ce genre de femmes, au lit, je fais juste le minimum, rapidement et je me barre. Je ne mets pas tout mon talent en exergue pour ne pas que la femme s’accroche à moi et finisse par me créer des soucis.»

Les soucis ?

un renommé artiste chanteur gouro en a eu lorsqu’il s’est mis avec une «vieille mère», productrice qu’il a épousée juste par intérêt. L’affaire a fait grand bruit dans le milieu quand le frêle «Junior» s’est retrouvé un matin avec un camion de déménagement devant son appartement. Son «épouse gnanhi» se sentant abusée est venue vider totalement la maison pour le replonger dans sa galère.

Que dire encore de ce lecteur qui nous a écrit, il y a quelques mois, pour nous confier sa détresse. La femme qui le gérait exigeait d’avoir avec lui des rapports sexuels en pleine brousse au milieu de la nuit. Et chaque fois, elle se permettait même de le battre.

Que dire encore de cet autre qui, épuisé par les parties de jambes en l’air imposées par son insatiable compagne 7 jours sur 7, a cherché à la fuir. Malheureusement, il a été vite rattrapé, séquestré, menacé de faire la prison s’il osait quitter sa «maman», une puissante dame de ce pays ? Les cas comme celui-là sont légion. Et, pour de l’argent, de nombreux gigolos vivent souvent un véritable calvaire. Mais comme on le dit, la vie est faite de choix et quand on a choisi, il faut simplement assumer. Seulement, le phénomène prend tellement d’ampleur que cela suscite des inquiétudes. A bien y regarder, on voit bien que la jeunesse se perd. Ils sont nombreux les jeunes qui se cherchent, mais faute de repères parfois, très peu se trouvent une voie honorable. Et face à cette dégringolade, on se demande que sera notre jeunesse demain ?

 

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