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HAUT DE GAMME 2008:Prix sous haute tension.

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Jeudi, 22 Janvier 2009 22:47

topvisages.net

La deuxième édition des Haut de Gamme s’est tenue au Palais de la Culture le samedi 17 janvier. Toujours sur fond de tension.

Pour la deuxième soirée de distinction des meilleurs artistes ivoiriens de l’année 2008 organisée par le Burida, la salle François Lougah-Ernesto Djédjé du Palais de la Culture a fait le plein samedi. Parmi les spectateurs, des visages célèbres ou moins connus se côtoyaient. Hommes, femmes, chacun a fait sa plus belle toilette. Sidonie la Tigresse, par exemple, arborait une magnifique robe qui l’avait presque métamorphosée. «C’est moi, Sidonie la Tigresse. Je suis parmi les nominés de la soirée, laissez-moi passer», dit-elle à l’agent de sécurité qui tentait de lui interdir l’accès à la salle…

Dans la salle, les invités attendaient le début de la cérémonie. Parmi eux, Gadji Céli, le président de l’Union nationale des artistes de Côte d’Ivoire (UNARTCI). Il est assis au premier rang. Il semble loin, le moment où le King décriait la mauvaise organisation de cet événement.

L’année dernière, Gadji et les membres de l’union avaient pris la décision de boycotter la manifestation. Ils l’avaient même rebaptisée (à leur manière) «Les Bas de gamme». Raison de cette désolidarisation de l’UNARTCI ? «Le Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA), s’était arrogé le droit d’organiser une soirée de récompense des artistes au moment même où ces derniers ont des difficultés à lutter contre la piraterie et les problèmes de mévente de leurs œuvres». Le fait de n’avoir pas associé l’Union qui compte 4.000 adhérents, constituait, à tout point de vue, pour Gadji et les membres, un crime de lèse majesté.

Cette année encore, à quelques jours de la manifestation, Gadji avait exprimé le peu d’intérêt qu’il accordait à cette soirée de récompense. Sa venue était donc peu probable. De même que celle d’Aïcha Koné qui en a encore gros sur le cœur. Si St-Joe est venu à la cérémonie de samedi, la diva, elle, a brillé par son absence. Elle a un grief contre les organisateurs. En plus, pour elle, le BURIDA n’avait pas respecté le principe évoqué au départ de la première édition. «On m’a dit que ce sont les sociétaires du BURIDA qui allaient être récompensés et ceux qui avaient fait une production durant l’année écoulée. Je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas. Alors, j’ai dit que cette année je ne viendrais pas. (…). Enfin, j’ai même été surprise de voir qu’il y avait un prix pour les icônes de la musique.» Pour Aïcha, l’idée de ce prix de «dernière minute» est du patron de Koz. «S’il y a une personne que je dois remercier, c’est M. Salamé, le DG de Koz. S’il y a eu ce prix des icônes, c’est probablement grâce à lui. Je pense que c’est peut-être lui qui a trouvé cette parade. Parce qu’au début, je n’étais pas au courant de l’existence d’un tel prix, puisqu’on ne m’en avait jamais parlé. Mais ce que je déplore, c’est surtout le principe de l’organisation», explique-t-elle.

Quant à Gadji, les raisons de sa présence sont simples : «Je suis venu parce qu’on m’a envoyé des cartes d’invitation», dit-il. Mais sa décision a surtout changé après des discussions avec Léonard Groguhet (parrain de la soirée) et certains membres influents de l’Union : Jack Delly, Blissy Tébil, Antoinette Konan, Reine Pélagie, Bohiri… qui lui ont conseillé d’y aller. Quelques tractations souterraines menées par le BURIDA ont également contribué à apaiser légèrement les tensions. «Le BURIDA m’a approché pour m’expliquer qu’on avait besoin de ma présence. Mais c’est surtout MM N’Zi et Salamé, directeurs de Koz, qui ont longuement discuté avec moi pour ma participation à cette manifestation dont ils étaient le sponsor», poursuit Gadji.

Mais à l’endroit des artistes qu’il dirige, Gadji Céli justifie sa présence aux Haut de Gamme en deux mots : «Si on a décidé de venir, c’est pour se mettre au-dessus de tout ce que les uns et les autres essaient de manigancer».

Si la présence du président de l’UNARTCI a contribué à détendre l’atmosphère, il n’en demeure pas moins que la vision de la plupart des artistes sur cette soirée des Haut de Gamme n’a pas changé. Pour eux, le problème de fond subsiste. «Il faut qu’on se penche sur les problèmes réels des artistes : les droits d’auteur, la piraterie, etc. On n’a pas réglé cela et on fait des fêtes où on injecte de l’argent. En même temps qu’on nous dit qu’il n’y a pas d’argent. Le sujet n’est pas de savoir si les artistes cautionnent ou non la tenue des Haut de gamme. Les artistes ont des problèmes. Le genre de fête comme les Haut de gamme coûtent de l’argent. C’est ce qui paraît incongru dans l’esprit des gens», disent-ils. Tout compte fait, pour le commissaire général des Haut de Gamme (Yoh Claude Armand Virgile), il n’y a aucun problème majeur. «En fait, tout ce que les gens racontent, c’est n’importe quoi ! Que les gens retiennent tout simplement que la cérémonie devait avoir lieu, et elle s’est tenue normalement. C’est le plus important», dit-il.

L’UNARTCI et le BURIDA ne devraient-ils pas harmoniser leurs points de vue autour de cet événement pour le bonheur des artistes ?

 

 

 

Déchu, Billy Billy s’excuse

Billy Billy a perdu ses deux titres (Meilleur auteur compositeur de musique rap et hip-hop ainsi que celui de la Révélation de l’année 2008) après décision du jury des Haut de Gamme, le lundi 19 janvier, en début d’après-midi. Il ressort qu’au cours de son speech sur scène, l’artiste a proféré «des propos injurieux», selon les termes du procès verbal du jury. Voici quelques uns de ces propos : “Gnamôgôdé ! On dit qu’on vit dans un Etat de droit, pourtant c’est à la porte de la présidence que les CD piratés sont vendus. Dah… Quand les rebelles ont pris Daloa, ils sont allés libérer cette région parce qu’il y a du café-cacao là-bas. Les pirates sévissent, personne ne réagit parce qu’on ne prend pas CD pour fabriquer chocolat. Dah…” Par conséquent, le jury a décidé que Billy Billy rende ses trophées aux nouveaux lauréats qui sont désormais : Garba 50 (pour le Meilleur auteur compositeur de musique rap et hip-hop) et Guy Christ Israël (pour la Révélation de l’année 2008). Mais le lendemain, mardi, l’UNARTCI a organisé un point de presse à son siège au cours duquel Billy Billy s’est excusé auprès de la nation et des autorités présentes dans la salle samedi soir. A sa suite, le président Gadji a souhaité que le jury revienne sur sa décision de lui retirer ses prix. Que va décider le jury ?

Les jours prochains nous situeront.

 

F. Yéo

 

Zones d’ombre

17 artistes ou structures du monde de la culture ont été primés en plus des prix spéciaux et des prix d’hommage décernés à des icônes de la culture ivoirienne au cours de cette soirée. Au-delà de la tenue des Haut de Gamme qui célèbre le mérite des artistes d’une année, des zones d’ombre ou des interrogations demeurent quant au choix des nominés et même des primés. Dans les catégories Meilleur auteur compositeur de musique reggae et Meilleur auteur compositeur de musique de variété, on comprend difficilement la présence d’Ismaël Isaac en reggae et Gadji Céli en variété d’autant plus que leurs derniers albums datent d’au moins cinq ans.

Freddy Assogbah, lui, a été désigné Meilleur arrangeur 2008 de Côte d’Ivoire. Bien que talentueux, Freddy Assogba excelle dans le genre coupé-décalé qui n’a pas bien marché en 2008. Cette année a été plutôt marquée par le retour du zouglou avec notamment Espoir 2000, Soum Bill, Yodé et Siro, Les Patrons et Les Garagistes. Et qui parle zouglou parle forcément d’Olivier Blé, David Tayorault ou Athanase Koudou.

Cette année, certains métiers de l’art n’ont pas été récompensés. C’est le cas, par exemple, des plasticiens et des photographes. Le jury a dit n’avoir pas reçu d’œuvre dans ces domaines. Mais au fait, comment est fait le choix des meilleurs photographes ? L’information est-elle suffisamment passée pour qu’aucun photographe n’ait voulu se manifester pour décrocher les Haut de Gamme ?

 

Palmarès

Meilleur(e) comédien(ne) : Michel Bohiri

Meilleur humoriste : Adama Dahico

Meilleur directeur artistique : Guédéba Martin

Meilleur écrivain : Kadjo Fodjo

Meilleure production publicitaire : Vitamines (eau céleste)

Meilleur(e) acteur (actrice) cinéma et télévision : Suzanne Kouamé

Meilleur scénariste : Akissi Delta

Meilleur réalisateur cinéma et télévision : N’Drya Jean

Meilleur styliste modéliste : Miss Zahui

Meilleur auteur compositeur de musique Zouglou : Yodé & Siro

Meilleur auteur compositeur de musique Coupé-décalé : Francky Dicaprio

Meilleur auteur compositeur de musique Rap et Hip-hop : Garba 50

Meilleur auteur compositeur de musique Reggae :Kajeem

Meilleur auteur compositeur de musique tradi-moderne : N’Guess Bon Sens

Meilleur auteur compositeur de musique religieuse: Constance

Meilleur auteur compositeur de musique de variété : Joëlle C.

Meilleur arrangeur : Freddy Assogbah

Prix spéciaux :

Artiste modèle 2008: Adama Dahico

Audience Internationale : Akissi Delta

Révélation de l’année : Guy Christ Israël

Prix spécial «icônes de la nuit des Haut de Gamme» 

Alpha Blondy, Aïcha Koné, Bailly Spinto, Wédji Ped, Reine Pélagie, Daouda Koné, Allah Thérèse, Esaïe Biton Koulibaly, Thérèse Taba, Monnet Bou, Anoma Brou Félix et Souleymane Koly.