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Antoinette Konan confesse: Voici mon genre d’homme - elle-a-eu-raison-depuis-le-commencement

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Lundi, 19 Janvier 2009 00:00
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Antoinette Konan confesse: Voici mon genre d’homme
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ANTOINETTE KONAN: elle-a-eu-raison-depuis-le-commencement

En Cote d’Ivoire, avant 1984, date de la sortie de son premier album, l’ahoco ne signifiait pratiquement pas grand-chose. Si l’évocation de ce nom suscite aujourd’hui des réactions, c’est certainement grâce à cette femme qui allie beauté, intelligence et dynamisme. L’ahoco, elle l’a découvert par le truchement d’une bonne dame de son ethnie résidant à Koumassi, un quartier populeux de la capitale ivoirienne.

Mais c’était un instrument traditionnel classé aux calendres grecs depuis belles lurettes. Sortie d’une expérience à l’orchestre de la radiodiffusion télévision ivoirienne dirigé alors par Manu Dibango, Antoinette Konan va se laisser convaincre par un certain Koto Tanoh Amédée membre du groupe de Feu N’goran Jimmy Hyacinthe de s’orienter vers quelque chose de différent. Ce sera cet instrument à tige couvert de stries en formes spirales comportant un racleur percé aux deux extrémités et une petite boîte de résonnance. Pour la pratique, conduit par l’une des mains, pendant que l’autre tient la boite de résonnance pour marquer le tempo, le racleur fait des vas et vient le long de la tige ; d’où le lien que les esprits voyeurs ont fait avec la « masturbation ». Antoinette Konan la « reine de l’ahoco » alors reine de la « masturbation » ? Assurément pas ! Quiconque suit l’actualité culturelle le confirmera.

Cette femme, à cause de son charme, a favorisé au sein de la gent masculine dans son pays comme dans toute la sous région africaine beaucoup de fantasme. Elle garde sa beauté aujourd’hui encore avec en sus son attitude réservée. Mais elle fait les frais d’une intelligence précoce qui l’a guidée jusque là à opérer des choix souvent impopulaires. Ses ambitions et ses projets étaient perçus au sein de sa corporation comme des prétextes au culte de sa personnalité, jusqu’à une date récente. Et ses points de vue comme une vision indigeste pour ceux qui refusent d’affronter les difficultés. A l’analyse de son parcours, pourtant, l’on est dans l’obligation de confesser que la « Reine de l’Ahoco » avait raison, depuis le commencement !

Elle a choisi de promouvoir un instrument qui serait le témoignage des goûts culturels des anciens pour les générations à venir ; elle a eu raison. Puisque le peuple l’a justifiée en achetant massivement ses albums depuis 1984 à ce jour. Mieux l’ahoco a résisté à la mode et est resté lui-même malgré la tempête du coupé-décalé et du mouvement Dj en Côte d’Ivoire. En plus c’est vraiment une valeur culturelle authentique. Antoinette Konan s’est insurgée contre la précarité de la condition de l’artiste ivoirien et elle a rêvé jouer les premiers rôles pour tenter de l’améliorer. Ceux qui ont levé les boucliers en ces temps là se rendent à l’évidence qu’elle avait encore raison. Puisque dans leur grande majorité les artistes ivoiriens meurent dans le dénuement total. A travers la COAF (Coalition des Artistes Féminins) qu’elle a fondé, elle est en train de réussir un pari ; très bientôt des logements seront livrés aux membres de cette association, mais également l’aboutissement du projet d’un centre médical à l’actif de la COAF est imminent. Pour boucler la boucle, la « Reine » est engagée dans des actions caritatives aux côtés des victimes de l’ulcère de burulis et des femmes souffrant du cancer du col de l’utérus.

Autant d’actions qui démontrent que la logique de la « Reine » Antoinette Konan est la bonne. Issue d’une famille modeste, elle a eu confiance en Dieu et lui a confié sa vie. Elle a été acceptée à l’ORTI grâce à Roger Fulgence Kassy, est entrée à l’Institut National des Arts avec brio, à l’issue d’un concours et y a plus tard même enseigné. Elle est un nom quand même important de la scène culturelle ivoirienne en dépit de ses origines modestes ! Si tous ses projets sont sur le point de se réaliser, alors pourquoi ne pas lui dire merci ? L’album « Grande est sa miséricorde » sorti récemment chez ANKADI (sa propre structure de production et de distribution discographique) est son action de grâce à l’Eternel des armées qui l’a soutenue.

LUCIEN DECONENS